Il s'est passé quelques jours et quelques miles depuis les dernières nouvelles. Commençons par le commencement... D'abord, nous avons énormément roulé depuis Springfield au Missouri. La journée au mécano s'est avérée longue, très peu fructueuse pour nous (on attendait après un filtre à air, et ils n'ont même pas reçu le bon...), et facile pour eux, puisque le camion n'avait rien de grave finalement. Tout ça pour une facture de temps de... roulements de tambours ...80$! Rien d'autre que du temps de mécano. Au moins, durant notre attente, un sympathique pilote d'avion de Seattle nous a offert un lunch et conseillé quelques destinations sur notre itinéraire. Alors on est reparti vers Oklahoma City en étant pas mal à sec en huile végétale.
De resto en resto, on s'est butté à un seul et même discours : "sorry guys, we have a contract". On a fini par comprendre que depuis un an, les choses ont changé et que les restos ne payent plus pour se débarrasser de leur huile. Ils la vendent, et ce, à fort prix! Probablement en raison de la demande grandissante en biodiesel. Bref, nous nous sommes ainsi butés à une quinzaine de "non", nous forçant à rouler au diesel de Joplin (ville complètement dévastée depuis le passage d'une tornade il y a environ 6 semaines) à Pryor.
Sur cet espèce de long boulevard pas fréquentable de l'Oklahoma, nous avons rencontré des Mexicains sympathiques et très heureux de nous donner de l'huile. Ils sont d'ailleurs tous sortis du resto pour assister à notre opération de "tinkage", fascinés comme des gamins et plein de questions, le sourire aux lèvres. Malheureusement, leur huile était trop souillée de gras de poulet, alors on a dû chercher ailleurs. Tellement déçu et gentil, un des gars a fait un téléphone à une amie propriétaire de resto pour nous trouver de l'huile. Malheureusement, même scénario que pour l'huile précédente : trop sale. Un peu découragés, la chance nous a enfin souri et nous sommes tombés sur un Taco Bell. Bingo! Un plein presque complet! Merci Taco Bell!
La consommation de diesel fut ainsi rapidement interrompue, et nous avons roulé un peu de nuit jusqu'à Oklahoma City, où nous avons frappé un pauvre ti Tatou sur le chemin, et campé à côté d'une base militaire. Les décollages d'avions y furent matinaux.
Le marathon s'est donc poursuivi assez tôt vers Amarillo. Sur la route du Texas, nous avons eu droit à une transformation radicale du paysage : comme dans les films, avec des ranch, des grandes terres désertiques, des pickups et des gros gars tatoués à moustache. Un petit souper à Amarillo, et nous voilà repartis vers le Nouveau Mexique. Initialement, L-P voulait rouler 1-2 heures de nuit max vers l'Arizona. On avait une map du nouveau Mexique, et pour une fois, les Rest Area étaient nombreux et bien indiqués sur la carte. Mais arrivés au premier, une petite pancarte nous indique "Rest Area closed, next 85 miles". Malgré la fatigue, L-P décide d'avancer, et Sandy l'abandonne (dodo). On a donc roulé le fameux 85 miles, mais c'était faux! Tous les Rest Area de l'état étaient fermés! Ce fut donc une très longue route de nuit (dans les montagnes en plus) qui s'est terminée à 30 minutes d'Albuquerque. Le dodo fut apprécié. Bilan de la journée : 3 états (Oklahoma, Texas, Nouveau Mexique).
Voici des photos du Nouveau Mexique :

Passé Albuquerque, le stock d'huile était déjà à sec. C'est à Gallup qu'on a fini par trouver de l'huile presque du premier coup, un samedi soir. Pendant qu'on remplissait le truck, un "native american" qui "represent" complètement saoul est venu nous jaser. Nous ne nous sommes pas ennuyés durant son passage... C'était assez, disons... surréel! Nous avons dormi en Arizona, où un dealer de drogue nous a offert du pot, que nous avons gentiment refusé.

Le lendemain, nous avons encore roulé et roulé, mais le paysage et la température se sont encore transformés : tempêtes de sable, pluie, tonnerre, vents violents et fourrés roulants sur l'autoroute. Nous en avons frappé quelques uns, dont un qui s'est pogné en dessous du truck. Nous avons voulu visiter le Winslow Meteor Crater, mais le terrain est une propriété privée, et il fallait payer 15$ chaque pour le voir. Too bad, God Bless USA.

On a fini par aller visiter le Grand Canyon. Wow, ça s'appelle pas "Grand Canyon" pour rien. Voici quelques photos, qui ne rendent en rien l'immensité de l'endroit.

Prochaine destination : Vegas baby!